mercredi 29 janvier 2014

LA SORTIE DES TÉNÈBRES

(la Théorie des Genres)


le créationnisme est une pensée féconde, qui a fait des disciples fervents dans certaines classes sociales aux U.S.

selon ses théoriciens, la planète n'existe pas depuis 4 milliards 600 millions d'années,  comme le prétendent les escrocs de la science - qui se mêlent,  en outre, de dater le vague espace inintéressant autour de la terre à 15 milliards d'années

d’après eux, le monde tel nous le connaissons est né, en fait,  il y a  2013 ans

et le Big Bang est un sombre bobard

les paléontologues brumeux, les fétichistes qui se disent archéologues, les biochimistes d’occasion, les soi-disant astrophysiciens et autres lurons – tous les fouilleurs de ruines, les gratte-terre, les microscopes addicts, les hébétés devant un nuage et les psychotiques avec leur lunette fourrée dans les étoiles - sont des clowns dangereux

ainsi, les morceaux de vases, les poussière d'os et divers vieux cailloux qu'on pourrait trouver dans la terre datent au maximum de 2 millénaires

les pharaons d’Égypte ont probablement prospéré au Moyen Âge, les romains un peu avant Louis XIV et les philosophes grecs dans une période plus floue -  peut-être entre 1017 et 1802

en France, on est beaucoup plus créatif 

le pays de la liberté ne tolère pas l'obscurantisme

on s'attaque  de plein fouet à un énorme et lamentable canular : le processus de la reproduction  - avec ses notions bornées et ses Implications catastrophiques sur l'humanité

en effet, tout acte de reproduction implique une donnée de base: la différence des sexes

please…  la différence des sexes !

une hérésie inventée par des néanderthaliens ou des australopithèques à l'esprit malade, et qui abêtit la race (pardon) humaine  depuis plus de 6 millions années

il était temps d'éclairer le monde et de ramener à la raison ses 7 (ou 8) milliards d'habitants

homme et femme sont identiques, à quelques détails (insignifiants) près  

c’est cette évidence que la Théorie des Genres va enfin rétablir

des milliers d'ignares, aveuglés par leurs convictions hétérosexuelles, vont évidemment s’accrocher désespérément à ces détails pour soutenir leur thèse débile de la dualité des sexes - un entêtement qui  dure depuis la chasse au mammouth, et au-delà (homo erectus)

mais les socialistes, dans leur ampleur de vues, rectifient enfin cette déviance de l’humanité

penseurs profonds et valeureux, intellects brillants,  il savent qu’il faut prendre le mal à la racine,  c'est-à-dire veiller sur les très jeunes enfants avant que leurs parents ne leur inculquent des vues  barbares, vieilles et usées comme le monde, sur la différence des sexes

rédempteurs, ils décrètent l'enseignement dans les écoles de la Théorie des Genres

une appellation pleine de tact, car il s'agit,  en fait,  d'une révélation, d’un fulgurant retour au réel – c’est à dire à la réalité du sexe unique

les enfants sauvés de la corruption parentale pourront ainsi faire  leur coming out pratiquement dès la maternelle

c'est la sortie des ténèbres

les hétérossexuels et leurs conceptions baveuses, obsolète, leur penis envy et leurs vagins bavards seront  bientôt marginalisés

c'est   leur tour

il est grand temps qu'ils récoltent, comme disaient les anglais au début du siècle, leur « comeuppance » - autrement dit ce qui leur pendait au nez,  pour ne pas dire ailleurs

aux harpies hétéros, maintenant, de faire la queue devant les maternités pendant que les hommes nouveaux, enfin rentrés dans leurs droits,  accoucheront dans une éprouvette

aux terroristes machos d'aller chercher des cafés et de faire des photocopies pour  les nouvelles amazones de la haute finance

…aux grandes marques de prêt à porter de laisser Abercrombie and Fitch ramper dans la poussière des musées - et de déchaîner leur créativité sur l'immense marché du One Sex Only

à pensée unique, sexe logique






précision à tout hasard :     

l'homosexualité ne m’a jamais posé de problème – elle est, pour moi, à sa manière, l'expression d'une liberté sans laquelle on ne peut pas vivre

mais il y a des moments ou l'incontinence des imbéciles  et leurs solutions finales me suffoquent





jeudi 2 janvier 2014

LETTONIE: LE BONHEUR


réveillon, champagne

et lendemains 

pendant que les anglais - qui, comme chacun sait, sont des arrièrés et des bornés - continuent à roupiller sur leur livre poussiéreuse, complètement indifférents à la puissance d'une monnaie vraiment unique 

pendant que la France continue à danser, légère, réenchantée - et audacieusement déplumée - au bal permanent des impôts

...les lettons, eux, se réveillent avec 3 confettis sur le nez dans la lumière majestueuse de l'euro


il y a des empêcheurs de rêver en rond qui vous feront des remarques limite vulgaires - genre:

ah oui...??
avant, une boîte de kleenex coûtait 1 franc 50
l'euro est tombé comme une météorite sur d'innocents dinosaures
et la boîte de kleenex est passée à 1 euro 50, soit 10 francs
et personne ne dit rien??

avant, une augmentation de 5 centimes au parcmètre soulevait une tempête d'indignation
mais l'euro est arrivé - et tout le monde est passé à la tonte dans un silence religieux
qu'est-ce qui s'est passé??


triste langage, esprits mornes, vision mesquine

l'euro est une monnaie sans réplique, qui rase vite, net - et laisse les poches lisses

avant, les gens se croyaient tout permis avec leur portefeuille

avec l'euro, fin du chaos


d'ailleurs on est tous transfigurés, particulièrement en France - où, sous l'égide d'un leader virtuose, nous nous dépouillons saintement chaque jour de tout centime en trop, de tout euro qui pourrait nous peser

un paradis sélect, en quelque sorte, où nous accueillons aujourd'hui la Lettonie 

bonne année, les lettons








samedi 28 décembre 2013

FOSSIL SONG


à propos d'un article dans Haaretz:  "Why Israelis should celebrate the New Year"

By Yossi Klein
Published 08:00 27.12.13

("The world celebrates and we stand on the sidelines with our hands in our pockets."

"Holing up and guarding the gates is tiring. A festive meal for 700 shekels does not make up for the great effort expended in protecting the fortress from enemies that want to kill us and from a culture that might bewitch us.")



FOSSIL SONG



if Israel did not guard its gates - then we would all be holing up 

again

as a Diasporean Jew, I have seen - I keep seeing - the resonance of Israel in our lives

Israel almost healed the grievously wounded souls of all my family, of all the Jews I know

almost - because we travel with our nightmares 

Israel resurrected us - all of us, the socially charming and secretly panicking, the exhausted, the desperately witty, the flashy, the routinely anxious 

we could stand upright again and hold high our genetic headaches

we, of the perpetually wandering minds - we had a roof on earth

something like a an echo of Jericho was shivering through our lives

the harried of the world had turned warriors 

the Zohar remained  a treasure, Schopenhauer a philosophical suspense, but  the art of war had come to us 

and the art of living was a discovery


yet I understand that Israel has a different gravity, that it has generated a new species of hurried bustling Jews - whom this essay describes as a people of easily bored tourists, balking at all things foreign, their own Jewishness included

here in this old worn out world, we still have a tendency to rush, ecstatically unprotected and bewitched beforehand (enchantés d'avance) into Christian culture - among others

so we of the other worlds, would be fossils?


of course, Israel should be dancing and popping champagne corks on New Year's Eve 

and I love Michelangelo 

let him who stands dense and gaping in front of a Pieta in Florence and who thinks King Lear is a brand of cereals

let him cast the first stone













mercredi 4 décembre 2013

MELECH HA OLAM


à Dani



ça, c'est une photo prise sur le mont Sinaï:  l'index divin, saisi au moment où il émerge du buisson ardent, désigne les Tables de la Loi et trace dans l'air brûlant les futures migraines qui allaient tomber sur les têtes des hébreux 

ceux-là savaient vaguement qu'ils étaient élus - mais ils n'avaient pas encore très bien compris ce que ça impliquait

ils attendaient en bas, les pauvres, assis sur les miettes du veau d'or 

...la seule distraction qu'il s'étaient trouvée dans cet interminable trekking depuis la gueule ouverte de la mer Rouge vers un hypothétique Chanaan et un avenir de rois bizarres

des rois qui allaient réenchanter leur rêve à leur manière (on sait maintenant ce que ça veut dire) 

...par exemple en proposant de couper des bébés en deux, en massacrant des géants autistes à coups de cailloux, en chantant des psaumes éplorés sur les terrasses nocturnes de Jerusalem, et, aussitôt après, en expédiant ad patres des généraux gênants pour baiser leur femme

on connaît la suite - les babyloniens, les romains, l'incendiaire Isabelle (qui, comme quelqu'un que je ne nommerai pas avait le génie de l'impôt - à cette différence qu'elle le raflait sur les bûchers tandis notre contemporain, à court d'idées, après avoir tout pompé, des poches jusqu'aux cigarettes, se rabat maintenant sur les pénis solitaires)

pardon, je digresse 

après Isabelle (que no me manca) il y a eu les cosaques, créatifs et météoriques, qui flambaient un village comme on flambe une omelette

et, sur tous les continents, de nombreux artistes qui aplatissaient sur les murs les ressortissants du peuple élu comme des graffitis

jusqu'au génie industriel du 20ème siècle, à l'inoubliable visage traversé d'une balayette hautement symbolique (= du balai) - qui, lui s'est chargé intégralement du peuple élu, l'a reconverti en matière première (et dernière) et en a fait un objectif unique de rendement

la suite de l'histoire des élus - de ces auréolés par le feu du Sinaï, de ces crânes régulièrement sonnés à coups de Table de la Loi - est connue, elle aussi:

Exodus, des orangers dans le désert, des juifs en treillis, en armes, que le monde - si longtemps content de ses juifs (comme on l'est d'un gibier dans son parc) - n'arrive plus à reconnaître

ces dissidents ont remis leur destin à l'heure

ils ne sont plus du tout d'accord pour se faire massacrer en murmurant baruch ata Adonaï, tandis que leurs larmes gèlent sur leur visage et que les pans de de leurs grands manteaux noirs claquent dans le vent au bord des fosses communes

ils ont changé d'avis 

vivent les Tables de la Loi, 5774 ans de souvenirs et le reflet ardent du Sinaï - ils chantent toujours sur leurs terrasses nocturnes, ils sont toujours amoureux de l'Inconnu qui réside dans le ciel, ils sont d'une gaité inouïe, leurs violons pleurent et dansent depuis des millénaires 

ils vivent sur une virgule au centre d'une poudrière,  peuple ressuscité, doué - et dangereux à déranger - impossible à balayer dans la mer ou ailleurs

alors on ne sait plus très bien dans quelle direction pointe cet index que tu as photographié sur le mont Sinaï 

personnellement, je soupçonne une nouvelle migraine 

Eloheinu  melech ha olam - Dieu n'abandonne pas







mardi 3 décembre 2013

RACCOURCI


(à propos d'un écrivain qui pleure sur les agissements de Tsahal: un texte posté sur Facebook et que - j'ai eu beau martyriser l'iPad  - je n'ai pas réussi à "partager")


...rien que de très nouveau - juste un  énième jugement polaire sur Israël, prononcé cette fois par Marc Lévy 

comme les magistrats anglais qui portent pour officier la traditionnelle perruque blanche, il se coiffe, pour juger, des lauriers noirs de la Shoah

attentif au pesage de la Justice (qui a tendance, parfois, à dégringoler sous sa balance),  il ponctue son verdict de raisonnements veloutés et de battements de cœur

il rejoint ainsi, en quelques lignes froides et élégamment douloureuses

...et, par là même, encore plus dangereuses que les huées, les sanctions et les cris de rage 

...il rejoint ainsi, tout doucement, à pas glissés le vacarme des imprécateurs

(des nostalgiques du lynchage?)

alors

comme cette haine pavlovienne  d'Israël  devient incommensurablement fatigante, je vais suivre l'exemple d'un commentateur de ce texte - et moi aussi, je vais me citer:

"un israélien qui se lave les dents génocide son dentifrice"

un raccourci qui simplifiera la vie des antisionistes de ce monde

dimanche 17 novembre 2013

ASCÈSE




on met le nez dans Facebook - et on est instantanément gobé - clac, gloup - on disparaît en 2 secondes, englouti, le cœur éteint comme un téléphone 

on erre dans une sorte d'énorme nuage -  peut-être un estomac de planète

on tourne au hasard dans une tempête de voix insaisissables, on esquisse des mots qui s'effacent et s'étouffent dans la brume - on titube, déjà drogués, l'esprit lentement gommé, claquant comme une page blanche entre les tempes

les vétérans ont leurs cercles - et leur ration d'exclamations à la fin de la journée 

quand on est un cancre, comme moi, on patauge

à tout hasard, on ne sait jamais, on se risque sur la page qu'on s'est imbécilement appropriée  - et qui se lézarde dans une zone déserte

tumulte sous les tempes, doigt en l'air au-dessus du clavier - l'écran murmure "exprimez-vous" 

(je suis ton petit tapis blanc de parole - glousse-moi une pensée, un truc, un état d'âme et - hop - je te l'évaporerai)

fuir, c'est plus sûr 

on repart dans le fracas, faufilé, assourdi

on tombe sur un lampadaire, allumé par un cousin dans la nuit

on titube, on l'enlace, on dit 3 mots tout seul comme si on avait trop bu

puis on vaque, vague, dans une routine surréaliste

le lendemain, on est exterminés - enfouis dans les poubelles de la veille où les vieux fils d'actualité grouillent comme des vers

pouf - on se dilue, on coule, totalement dissous 

ce qui n'empêche pas les irrécupérables dans mon genre de renaître le lendemain de leur incohérence - phénix plumés comme des poulets

...de se percher à nouveau n'importe où dans la cité vampire,  où rôdent des milliards d'affamés, crocs limés, egos voraces et distendus, où les news tombent en trombe

et de pondre une photo

ou de caqueter 3 mots

instantanément volatilisés





ascèse 





(photo de Dani)

lundi 23 septembre 2013

BLEU EMPEREUR



il pleut à Modiin - ici, je mouche, je tousse, je brûle et je dors debout

chacun sa météo 

Rudolph Valentino aurait eu 118 ans cette année (vu un ancien film ébouriffé de Ken Russell)

impossible de savoir si Napoléon avait les yeux bleus

j'ai vu un portrait où il avait l'œil clair (et damnablement acéré)

j'ai eu beau explorer Google, je ne suis pas plus avancée 

que ce soit du pont d'Arcole au sacre, en passant par Austerlitz et la Berezina, ses yeux changent tout le temps de couleur

ils passent du gris-vert au brun roux, au bleuté, au fauve, au secrètement doré 

finalement, je suis arrivée sur son masque mortuaire et sur un Efferalgan

si le nez de Cléopâtre eût été plus court et les yeux de l'empereur plus explicites

tandis que la fraîcheur tombe sur les fleurs de Modiin et que mon nez à moi sanglote comme un violon en automne

si Oscar Wilde, broyé à mort par le père de son amant, voyait de sa tombe les gays s'épouser dans des cocktails d'arcs-en-ciel

si Chanaan et ses ruisseaux n'étaient pas tombés de la Voie Lactée, noyant mon fauteuil dans les étoiles

si Robert chantait encore à gorge déployée sur la galère capitane

et si le diable cessait de fouiner dans les détails

si je n'avais pas gardé ce f...g passeport pour les vies antérieures 

si Caïn ne traînait pas comme une casserole un œil céleste dans son dos - et si mon père n'avait pas insisté pour allumer sa pipe avec une loupe 

si je ne dérivais pas sur un océan de kleenex, en contemplation vague du carrelage du hall - et d'un temps que je n'ai jamais compris

si je n'étais pas toujours le seul  touriste sur la proue déserte et dans les voiles en loques du Fliegende Höllander - en croisière dans la nuit des siècles 

et si Roger, soufflé sur un quai de gare en Lituanie, n'avait pas une âme aussi terriblement flâneuse

bref - si je n'avais pas autant de fantômes dans mon agenda

et si je m'occupais maintenant de mon interminable concoction de tomates

les choses seraient plus claires 

et mes yeux verts Saône polluée pourraient même virer au bleu

genre empereur