dimanche 8 juin 2014

LE CHANT DU HARENG SEUL


sci fi

je viens de visiter un futur fou, halluciné, lumineux, magnifique - et frénétiquement intelligent

ça m'a enchantée, presque hypnotisée de tout voir et de tout lire

j'ai l'impression qu'on allait sculpter les nuages

on est déjà en warp speed - on vit avec le monde dans la main, au poignet ou sur le nez, on nage dans les réseaux sociaux comme dans des bancs de harengs - où on se distingue, d'ailleurs, autant qu'un hareng seul dans la spirale colossale de ses congénères

bientôt, les piscines penseront pour nous, les immeubles se feront bronzer, les ponts danseront comme des ballerines, les parcs s'ouvriront en vitrine, il y aura des architectes de l'invisible, des concepteurs du gonflable, et des défilés fashion pour habiller les gratte-ciel

pendant ce temps, le salon silencieux de Kubrick valse dans le noir sidéral, entre moulures gris pâle et mutisme des murs, le dos d'un fauteuil plane sur le vide et égrène la vie comme un sablier 

et T.S. Eliot erre au bord du crépuscule, dans un salon de Londres - il compte sa vie en cuillères à café 

"I have measured out my life with coffee spoons"

pour moi, qui ai l'œil sombre, c'est une unité de mesure dans la démesure du futur



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