dimanche 13 avril 2014

GO DOWN MOSES


je voudrais faire quelque chose, m'agiter 2 minutes sur ma page, "actualiser" n'importe quoi, même un éternuement 

le problème, c'est que je ne sais pas du tout de quoi parler

est-ce que je la ramène avec un de mes cousins qui n'arrête pas de me dire qu'il s'est trompé en datant ma naissance et que je ne suis pas, en fait, parente de Ramses II mais de Hatchepsout, juste une dynastie plus haut ?

est-ce que j'évoque ce médecin grec, chez qui j'avais rampé en suffocation de toux et qui n'avait félicitée parce que ma toux prouvait que j'étais vivante? 

est-ce j'aborde ma nostalgie de Lucky Luke et mon énervement de voir les Dalton s'éclater à l'Elysée?

est-ce je développe les doutes de Dani, qui, débordé par le repas de Pâques, se demande si c'était vraiment une bonne idée de sortir d'Égypte?

c'est vrai qu'on a toujours vécu dans un courant d'air, à commencer par cette mer Rouge grande ouverte dont les vagues claquaient le long de nous

mais merci, Seigneur... si on n'avait pas eu ça, Dayenou - O lord, ça nous aurait suffi

en tout cas, moi, je n'ai rien compris - je suis restée en rade, sonnée par une vague, quelque part au fond du bleu de la mer Rouge, en tête-à-tête avec un hareng

could someone tell someone to let me go?






LOOKING FOR A SUNSET


...looking for a sunset to ride off into


mercredi 9 avril 2014

C'EST LA LUTTE FINALE


l'autre jour j'étais presque toute seule dans une salle d'attente

non loin de moi, dans la longue rangée de chaises, il y avait un homme âgé, buriné,  serré à craquer dans son jeans, une sorte de cow boy des chantiers

nous attendions dans un silence pieux, nos papiers à la main

dans la distance on entendait le brouhaha d'un secrétariat pris d'assaut

soudain, bombardement

c'est la lu-utte fina-le...

silence en miettes, chaises couchées comme sous un grand vent

l'Internationale explosait dans la salle d'attente, fracassante, bramée en chœur, à pleins poumons, sur fond d'orchestre tonitruant

du secrétariat au fond du couloir, on a entendu des cris de scandale: "mais enfin...? qui est-ce qui chante?"

c'était le portable mon voisin, en version haut parleur

comme je réagis toujours de travers,  je lui ai adressé un sourire enchanté - qu'il m'a rendu avant de sortir en courant, essoufflé, tout rouge et contrit, son portable sur l'oreille 

je l'ai entendu moucher l'Internationale dans le couloir

le silence s'est fait dans ce lieu hautement respectable

je suis resté naufragée sur ma chaise, un œil somnolent sur mes papiers 

avec, quand même, le sentiment que ce matin-là,  le destin m'avait fait une fleur


dimanche 23 mars 2014

SARKOZY : LES BEAUX ET LA BÊTE




selon un François Hollande outragé et un chœur de ministres cardiaques de scandale, Nicolas Sarkozy, cette "racaille d'État"

ce "dealer", ce "voyou", ce "pervers" 

ce profanateur de la morale, du droit et des institutions aurait dû se comporter avec la dignité sereine qui sied à un ancien Président de la République

un Président qui a connu tous les honneurs:

- expédié de l'Élysée par la porte de service, comme un livreur de pizzas, le jour de la passation des pouvoirs

- honni pour crime d'"Héritage" le 7 mai 2012

- talonné, empoigné, épluché par un commando de juges en session permanente depuis 2 ans

- épinglé comme une liste de courses sur le mur des cons du Syndicat de la Magistrature 

- branché depuis 6 mois sur toutes les oreilles, matin midi et soir, avocat compris

- plumé de toute intimité, abreuvé d'injures, diffusé en boucle sur la place publique  sur fond de vomissements et de cris d'horreur

- lancé et renvoyé comme une balle de ping-pong au cours de ces écoutes-loisirs qui font mourir de rire les ministres de François Hollande

bref

ils ont raison 

Nicolas Sarkozy aurait dû garder un silence pudique, subir avec grâce le sort exceptionnel qui lui est réservé et s'aplatir poliment sous les talons célestes des anges de l'Élysée

quand on a un contrat sur la tête, on doit le respecter 
 

dimanche 9 mars 2014

VOL AU-DESSUS D'UN NID DE GÉNIES



AMBIANCE ZEN: Poutine est calme: il n'y a pas de soldats russes en Crimée

TEMPÉRAMENT : la réaction américaine est inquiétante: Obama agite son vocabulaire, les adjectifs sifflent déjà sur la Russie 

L'AGENDA DU CONQUÉRANT: en France la hausse du chômage prouve à quel point il a baissé -  le pays maintenant en plein essor, Hollande se prépare à punir sévèrement Poutine

FLAMENCO VIRIL: l'Espagne devient patriarcale -  les hommes se marient et les femmes sont priées de faire des enfants 

VOCALISES: au Venezuela, Maduro, élu, on s'en souvient, par un petit oiseau qui a chanté dans son oreille, s'égosille - ses sujets sont sourds comme des pots

UN HOMME RANGÉ: en Syrie, le renégat  Bashar al Assad, sur lequel un Hollande courroucé a froncé les sourcils, a compris la leçon - il s'applique 

LA SAINT VALENTIN: en Iran, Rohani, assis sur ses missiles, envoie des bisous au monde, en attendant de l'opérer de cette tumeur nommée Israël

OBJET PERDU: le Tibet disparaît sous les coups de gomme -  on ne sait plus où il est, il faut se faire brûler pour le trouver 

ENTRE DE BONNES MAINS: en Égypte, le peuple est rassuré - l'armée se charge de la liberté 

PASSION DES TRADITIONS: l'Afghanistan protège ses valeurs - les femmes circulent en scaphandres, les bombes poussent dans les grottes, montrer un cil est pornographique et aérer une idée fatal

LA COULEUR POURPRE: l'Afrique se distingue clairement sur la carte - elle commence à ressembler à une énorme goutte de sang

ORDRE ET BEAUTÉ: en Corée du Nord les foules sont carrées, les défilés rectangulaires, les visages fermés à clé et le président se tond les oreilles




ET



pour conclure mes posts impopulaires

et pour Dani

et au passage pour le Tibet 

("oui, alors là, le Tibet....  personne n'en a rien à cirer - un pays mystérieux, magnifique à la frontière de l'inconnu et de la connaissance humaine, un pays de paix, de vent, peut-être le seul au monde qui ne connaît pas la cruauté

...bâillonné, piétiné, écrasé sous le béton et la rage normative

un pays près du ciel ou les hommes se font brûler de désespoir 

tout le monde aime le Tibet, on  le croque comme une pistache à l'apéritif et quand il s'agit de le regarder ou de le comprendre, on le recrache comme un pépin, on le fout en l'air et on marche dessus")

et parce que la première parole de l'homme dans le jardin de l'Eden a été un cri de délation: "ce n'est pas moi, c'est elle!"

et parce que je suis d'accord pour chanter dans le désert 




POUR UN DESSIN



"ségrégation à Jerusalem":

j'adore votre sensibilité et ce que vous faites

et ce que je perçois chez vous d'humour et de générosité 

mais je vous en prie...

les pauvres arabes esclaves et les vilains nazis juifs...  avec leurs chapeaux noirs et leurs anglaises en plus?

vous qui vous battez pour ouvrir tous les ghettos du monde

vous nous verrouillez tous, juifs et israéliens dans le même vieux, perpétuel, inusable ghetto 

vous ne savez pas ce que c'est qu'un juif - qui depuis plus de 5000 ans se bat pour pour respirer et qui a fini par comprendre qu'être poli était mortel

vous ne savez ce que c'est que de vivre sur une virgule de terre arrosée de rockets entre des poudrières où les foules célèbrent vos morts en dansant et en offrant des petits fours

alors, dans ce dessin de Jerusalem, le bus péniblement porté par des palestiniens n'a, une fois de plus, qu'une destination:

réexpédier les juifs à leur place 

c'est-à-dire nulle part 


ségrégation, effectivement