dimanche 15 juillet 2012

DEUX DANSES POUR VIOLON




 DOPPELGÄNGER


Je viens de passer  au moins 2 heures sur Facebook.  Exceptionnel.  En général,  je passe 3 minutes sur l’Iphone.

Là, c’était le Mac.  Un temps interminable à traîner et à pérorer partout, le nez sur les « murs ».  La migraine.

J’ai l’impression d’avoir remonté le Mississipi en pédalo (un peu comme Lui Président dans les tempêtes).

J’ai parlé – enfin, clické – avec Judith que, bien entendu, je ne connais pas, mais qui m’avait « invitée ». 

Et je me suis aperçue qu’en une ligne et demie que je lui adressais pour « commenter » une photo,  j’avais défini mon « profil ». 

…Ce que je ne m’étais jamais souciée de faire jusque là.  D’ailleurs, je suis parfaitement incapable de me « définir ».  J’aurais l’impression de me changer en post it et de me retrouver collée sur un réfrigérateur.

Mais, là, pas du tout.  J’ai pondu quelques mots – et je suis restée sans  voix.   Devant moi.

Doppelgänger.

J’avais écrit :

« Je vois des loupes géantes dans le ciel et des soldats sans violon dans les rues… »

Le soldat israëlien de Judith jouait dans une rue d’un violon parfaitement visible - que je ne voyais pas.

Mais que j’entendais sans le voir.  Voilà.  That’s all folks.  That’s me.







HARCÈLEMENT


 Quelqu’un que je ne nommerai pas a fondu l’autre jour sur l’écran de la télé, avec une tête d’oiseau, un bec béant et un vocabulaire en béton armé :

Cette étoile du gouvernement voulait « plus d’exemplarité et plus de moralisation ».

Please.

Un autre champion de Lui Président – je ne sais plus qui – tout mousseux de mots,  a parlé de « solutions responsables ».

Pitié.

Hier, les palmiers de feu du 14 juillet explosaient en chaîne à l’une de mes fenêtres.  Je n’ai pas regardé – j’ai l’esprit ailleurs.  De temps en temps, Il y a une pleine lune qui navigue dans les rideaux.  Si un loup garou rôdait sur le boulevard, hululant, en quête d’un sandwitch humain, je crois que je ne m’en apercevrais même pas.

Je me suis juste appliquée à ne pas laisser un seul mot du bourdonnement présidentiel m’atteindre une seule oreille.  Pas pour longtemps : j’ai dû zapper au hasard et une bulle verbeuse géante m’est tombée dans les tympans – « l’état ne laissera pas faire… ».

Il n’y a pas moyen d’échapper.   Je dérive parfois dans les infos –  scotchée par la nature humaine.  Sidérée, en fait, de n’être jamais surprise. 

Et – boum.  Lionel Jospin atterrit en direct de la planète Mars.  Chargé de quoi ?  D’un parachute ?  D’une traînée de poussière galactique sur les revers de sa veste ?  D’un message de l’Enterprise ?

Pas du tout.  Chargé - accrochez-vous - d’une « commission  de moralisation de la vie politique ».

Pitié !
 
Qui va proposer une loi contre ce harcèlement ? Contre ce scalp des esprits ?  Contre ce viol quotidien des oreilles ?

Qui ?
















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