DOPPELGÄNGER
Je viens de passer au moins 2 heures sur Facebook. Exceptionnel. En général, je
passe 3 minutes sur l’Iphone.
Là, c’était le Mac. Un temps interminable à traîner et à
pérorer partout, le nez sur les « murs ». La migraine.
J’ai l’impression d’avoir remonté
le Mississipi en pédalo (un peu comme Lui Président dans les tempêtes).
J’ai parlé – enfin, clické – avec
Judith que, bien entendu, je ne connais pas, mais qui m’avait
« invitée ».
Et je me suis aperçue qu’en une
ligne et demie que je lui adressais pour « commenter » une
photo, j’avais défini mon
« profil ».
…Ce que je ne m’étais jamais
souciée de faire jusque là.
D’ailleurs, je suis parfaitement incapable de me
« définir ». J’aurais
l’impression de me changer en post it et de me retrouver collée sur un
réfrigérateur.
Mais, là, pas du tout. J’ai pondu quelques mots – et je suis
restée sans voix. Devant moi.
Doppelgänger.
J’avais écrit :
« Je vois des loupes géantes
dans le ciel et des soldats sans violon dans les rues… »
Le soldat israëlien de Judith
jouait dans une rue d’un violon parfaitement visible - que je ne voyais pas.
Mais que j’entendais sans le
voir. Voilà. That’s all folks. That’s me.
HARCÈLEMENT
Quelqu’un que je ne nommerai pas
a fondu l’autre jour sur l’écran de la télé, avec une tête d’oiseau, un bec
béant et un vocabulaire en béton armé :
Cette étoile du gouvernement
voulait « plus d’exemplarité et plus de moralisation ».
Please.
Un autre champion de Lui
Président – je ne sais plus qui – tout mousseux de mots, a parlé de « solutions
responsables ».
Pitié.
Hier, les palmiers de feu du 14
juillet explosaient en chaîne à l’une de mes fenêtres. Je n’ai pas regardé – j’ai l’esprit
ailleurs. De temps en temps, Il y
a une pleine lune qui navigue dans les rideaux. Si un loup garou rôdait sur le boulevard, hululant, en quête
d’un sandwitch humain, je crois que je ne m’en apercevrais même pas.
Je me suis juste appliquée à ne
pas laisser un seul mot du bourdonnement présidentiel m’atteindre une seule
oreille. Pas pour longtemps :
j’ai dû zapper au hasard et une bulle verbeuse géante m’est tombée dans les
tympans – « l’état ne laissera pas faire… ».
Il n’y a pas moyen
d’échapper. Je dérive parfois
dans les infos – scotchée par la
nature humaine. Sidérée, en fait,
de n’être jamais surprise.
Et – boum. Lionel Jospin atterrit en direct de la
planète Mars. Chargé de
quoi ? D’un parachute ? D’une traînée de poussière galactique
sur les revers de sa veste ?
D’un message de l’Enterprise ?
Pas du tout. Chargé - accrochez-vous - d’une
« commission de moralisation
de la vie politique ».
Pitié !
Qui va proposer une loi contre ce
harcèlement ? Contre ce scalp des esprits ? Contre ce viol quotidien des oreilles ?
Qui ?
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