PERPLEXITÉ
D’un
côté :
Amsterdam
liquide ses vitrines de corps ondulants et de lumières rouges. La ville est en quête de centres de
tourisme plus généraux et moins inspirants – genre ponts, musées, monuments, envolées de pigeons.
Why
not. En France, une des têtes
pensantes du gouvernement a eu une idée : on passe la prostitution dans la
colonne des infractions.
Dandinements nocturnes, érections furtives, crissement de billets et parfums de péché verbalisés.
L’heure
est victorienne - la syphilis en moins, les smartphones en plus.
Parallèlement :
Si
Anna Karénine avait vécu au 21 ème siècle, elle se serait fait conspuer pour
n’avoir pas mis le pied – ou le string – au moins une fois dans un club
échangiste.
Un
œil sur le fisc, les hétéros fuient le mariage. L’âme dans les nuages, les homos pleurent et piétinent pour
convoler.
I
am so lost.
DÉSARROI
-
On vit comme des aveugles –
du bout des doigts. La planète
dans la paume de la main. Des
végétaux digitaux.
-
Facebook m’étonne et m’amuse.
Normal que son créateur soit milliardaire. Il a créé un lieu d’explosion des nombrils, un choeur d’hymnes
à l’indifférence. A lui, le lait et les dollars des deux mamelles
émotionnelles de l’humanité .
Ceci
dit, je dois reconnaître qu’il y a des nombrils intéressants et des
indifférences qui méritent le détour.
Néanmoins c’est Grand Central.
Et beaucoup de bagages qui passent sans voyageurs.
-
La vérité me
dépayse. J’ai besoin de ce
vertige.
INCRÉDULITÉ
Les
discours de Jean-Marc le Héros : aussi palpitants que la météo. Il m’inspire une vague (très vague)
pitié. Il va au feu. Il tape laborieusement du poing dans le vide. Il annonce les saignées
fiscales. Noyé dans la verbosité officielle, il hulule des
« non ! » tonitruants à l’évidence.
Ce
serait tellement plus reposant et plus clair s’il nous disait, par
exemple : « vous êtes des imbéciles, on va vous faire les poches, et
vous chanter notre splendeur jusqu’à ce que vous vomissiez vos cartes
d’électeurs ».
Pendant
ce temps l’autre, Lui Président, est en vacances pour 5 ans. C’est tout juste s’il ne bronze pas
devant un micro. Et s’il ne rote pas de béatitude à la dérobée. De temps à autre, Il se dérange pour
épingler une médaille ou chanter un cantique en public, avant de retourner à sa
bienheureuse sieste présidentielle.
Il
est particulièrement en forme dans le funèbre. Les morts ne discutent pas. On peut avoir le geste noble sous les caméras. C'est sans danger.
Il
est spirituel, en plus. Probablement
un homme charmant en privé ou en groupe . Mais, assis par effraction dans les ors de l’Elysée, trônant
sous son titre extorqué, drapé dans sa petitesse, il sonne si faux que je me
demande si un pays tout entier est devenu sourd et myope – gouverné par un
pickpocket de voix. Un voleur de
destin.
Est-ce
que je suis la seule à voir ses mains virevolter de malaise autour de ses
poches lorsqu’il officie en public ?
À observer, stupéfaite, ses sourires tirés, mièvres lorsqu’il ne sait
pas sur quel pied danser ? À
m’étouffer de choc devant le masque momifié qu’il arbore devant les armées, les
monuments et les cercueils ?
Je
crois que je suis la seule.
I
am lost.
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