A MEETING BETWEEN
GOD, WOODY ALLEN, THE AUTHOR
OF STEVE FINDUS,
OF STEVE FINDUS,
AND A
CULTURAL OFFENDER
Eric Sintès a invité Woody Allen chez
Michèle-Claire Ibensaal
et Woody Allen a invité Dieu
(probablement pour lui faire une
scène, comme d’habitude)

Woody Allen
If God exists, I hope He
has a good excuse
………………………
(Il est silencieux depuis le
Sinaï – je Le comprends)

Michèle-Claire Ibensaal
Woody Allen ?
Je sais que je suis dans la délinquance culturelle - mais...
Éric - pitié !
il est brillant, tout ce que tu veux - but I can't stand him : il vit le nez trempé dans son nombril comme dans une tasse de café
I don't know about God, I am not sure about man - mais, en tout cas, pour moi, lui, il n'a pas d'excuse
Bon j'ai été obligé de vous signaler à la police culturelle. ( Ne m'en veuillez pas : c'est dans votre intérêt. ) Oui moi aussi, le personnage m'a déçu avec le temps (mais reste pour moi une icône) mais putain ses fulgurances m'éblouieront toujours. Et je vous connais trop pour croire qu'elles vous indiffèrent. Biz.

Michèle-Claire Ibensaal
je ne leur échappe pas, bien sûr
elles m’amusent – mais jamais profondément, jamais jusqu’à l’envol
en tout cas, toi, je trouve que tu n’es pas mal
fulgurant non plus, sous les lignes
bref :
on en est toujours au même point
DOCUMENT
(Texte de Michèle-Claire Ibensaal
retrouvé dans une crypte au fond de Facebook)
MOODY WOODY
Vu
Midnight In Paris, que j’avais réussi à rater.
Woody Allen, un des plus grands nombrilistes actuels,
doué, d’accord, drôle aussi, oui, oui, mais à qui je reste fermée – ce qui, je
le sais est de la plus haute incorrection culturelle – a choisi un clone pour
incarner le héros de Midnight in Paris.
Il balance dans sa nuit magique, entre les bars
fumeux où discourt Hemingway et
les folles soirées charleston, une sorte de Woody Allen II, grand, blond, jeune
et plutôt ahuri, qui est censé avoir les yeux tristes de l’unique Woody :
« you have sad eyes « - la réplique tourne en boucle dans les rues nocturnes.
Autour de lui, évidemment, s’agitent des humains
préfabriqués et bavards. Dans
le chahut de ces béotiens, le
Woody blond promène, déstabilisé, son cœur en chamade, son amour de l’art et son nez dépressif.
Le film avait beaucoup de charme. Mais, comme toujours, le nez
de Woody Allen trempe dans son ego.
Comme dans une tasse de café.

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