500 LIGNES
Angela Merkel a 500 lignes à
faire :
« Je sors de mon aveuglement
idéologique - Je sors de mon aveuglement idéologique - Je sors de mon
aveuglement idéologique…. »
Quant aux renégats qui surnagent dans
l’UMP, traînant derrière eux leurs valeurs ringardes et leurs alliances nauséabondes – ceux-là sont virés.
Ferme, inlassable, messianique - et noble dans les climats funèbres -
Lui Président fend la mer Rose, tel une figure de proue .
Angela reste au piquet.
DANI CHERCHE UN APPARTEMENT
Dani court ParIs.
Il va d’émerveillement en
émerveillement. Il me décrit l’un des appartements qu’il a visité :
« Magnifique, mais vraiment magnifique… Les toilettes sont sous la télévision. Ça a un charme Louis XIV, tu vois…..»
Un autre l’a enchanté :
« C’est Austerlitz ! Tu as le soleil un quart d’heure
tous les solstices d’été… Tu te
rends compte ?
D’ailleurs, Austerlitz,
c’est le nom de l’immeuble… »
MOODY WOODY
Vu Midnight In Paris, que j’avais réussi à rater.
Woody Allen, un des plus grands
nombrilistes actuels, doué, d’accord, drôle aussi, oui, oui, mais à qui je
reste fermée – ce qui, je le sais est de la plus haute incorrection culturelle
– a choisi un clone pour incarner le héros de Midnight in Paris.
Il balance dans sa nuit magique, entre
les bars fumeux où discourt
Hemingway et les folles soirées charleston, une sorte de Woody Allen II,
grand, blond, jeune et plutôt ahuri, qui est censé avoir les yeux tristes de
l’unique Woody : « you have sad eyes « - la réplique tourne en
boucle dans les rues nocturnes.
Autour de lui, évidemment, s’agitent
des humains préfabriqués et bavards.
Dans le chahut de ces
béotiens, le Woody blond promène, déstabilisé, son cœur en chamade, son amour
de l’art et son nez dépressif.
Le film avait beaucoup de charme. Mais, comme toujours, le nez
de Woody Allen trempe dans son ego.
Comme dans une tasse de café.
L’ÉCUME D’UN JOUR
Posée un instant, last sunday, sur le
rebord d’un fauteuil. J’ai entendu
ma voix.
Je chantais une ancienne chanson
grecque :
Eis ton aphro, eis ton aphro tis
thalassas… (mon amour dort dans
l’écume de la mer – parakalo sas kimata… Vagues, je vous en prie, ne me le
réveillez pas…)
J’ai vécu en Grèce, il y a très longtemps - probablement à la fin du
Mésozoîque. La mer était d’un bleu
fou. J’ai connu un oursin
martyr. On respirait le vent
jusqu’au vertige. Les chats
filaient sur l’échine des rochers comme des hors-la-loi. Le soir, une houle de lauriers roses
montait des jardins. La nuit
explosait de danses. Les grecs
chantaient à faire tomber les îles – dans l’écume de la mer.
(yialo, yialo, piyénamé…).
J’avais les tempes aussi étoilées que
si j’entendais du Bach.
Mon fauteuil voguait dans l’écume des
mers.
Un
extraordinaire anglais amer arpentait le début du siècle dernier. Lui aussi, comme les grecs qui
parlaient aux vagues, s’était attardé dans les chambres de la mer. (Jusqu’à ce que les voix humaines le réveillent. Et le noient.)
Dérivant dans
la demi brume du soir, Apollinaire
chante pour les murènes. Les rues
de Londres s’ouvrent devant lui comme la mer Rouge – tandis que des nageurs
évanouis flottent le long de la
Voie Lactée.
T. S. Eliot,
errant dans les salons, se dit qu’il a le temps – il a le temps de se préparer
un visage pour rencontrer les visages de rencontre. Quand un regard le fixe dans une phrase convenue, il
s’étale, écartelé sur une épingle.
Entre La
Chanson du Mal-Aimé et The Love Song Of J. Alfred Prufrock, je tanguais.
J’ai entendu
sombrer Apollinaire (« Mon coeur et ma tête se vident – Tout le ciel
s’écoule par eux.… »).
Pendant que T.S. Eliot observait l’intérieur d’une minute :
« In a
minute there is time
For decisions
and revisions which a minute will reverse. »
Je suis revenue
à terre.
Enfin, sur
terre.
Je me suis dit
que le premier son d’une voix trahissait tout – en particulier, la
médiocrité. Que c’était
terrifiant. Et qu’à entendre ce
son, je pouvais me retrouver, comme Thomas S. (T.S. Eliot), éventrée sur une épingle.
J’ai fumé une
cigarette.
J’ai remarqué
que nous vivions dans une société de viol – déboutonnés, verbeux, gesticulant
- rossés chaque jour par la
banalité. Mais je n’ai pas
élaboré.
Après ce tour
de chant et d’horizon, je suis allée voter. Dehors, le soleil était féerique. Il traînait jusque sous les arbres. Le bureau de vote flottait dans une
oasis de silence.
Il y a des
jours qui prennent le large.
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