Bon. Personne ne me lit.
Ca ne me surprend pas. Et
même ça aurait plutôt tendance à m’amuser – j’ai un esprit vraiment affreusement
clair.
Alors, j’ai décidé que j’allais
informer les vacanciers de Facebook qui bronzent sur le net avec une photo sur
leur nombril – de mes états d’esprit.
Chaque fois que j’aurai le temps,
bien sûr.
Ça fait partie du jeu, non ?
(Ou du « Je »… ?)
Bref. Et ruit oceano nox Ibensaal
va se lancer dans les actualisations de statut.
Hier, j’ai marché. J’ai vu un pigeon accablé par la chaleur. J’ai aussi rencontré
quelques humains avec des skateboards, qui cherchaient un ventre sur lequel
rouler.
Ce matin, Dani m’a parlé d’un
homme réellement plein de ressources, qui tenait un dépôt vente d’armures au
moyen âge. Il m’a aussi expliqué
l’origine des plaids écossais et leur rapport étroit avec les retours de
croisade.
C’était passionnant. J’ai pleuré de suspense.
Ah, encore quelques réflexions,
au hasard :
La France, au mois d’août, agite
des pantoufles désapprobatrices dans le concert des nations. (Ou des tongs ?)
Il y a une astronaute, à
l’Élysée. Quelqu’un qui, dès
qu’elle ouvre la bouche, vous embarque instantanément dans le vide
sidéral. Le voyage est ronronnant,
mais dangereux – il y a un risque de somnolence. En plus on atterrit crashé, à plat, les tempes étoilées de
migraine, un désespoir dans l’esprit.
(Elle a dit quelque chose ?
Il y avait un sens ???)
Faute de mieux, je traîne souvent
dans les séries policières. Mais
je ne sais jamais qui a tué. J’ai
2 problèmes :
1 – Les héros sont tellement
vertueux que leur splendeur morale m’anesthésie. C’est fatal. Je
m’endors juste quand l’enquête sort des fausses pistes pour traquer le vrai
coupable.
2 – Les médecins légistes femmes
me désorientent. Elles cliquent
claquent vers les cadavres sur des talons de trente centimètres. Elles agitent des poumons comme des
serpillières, et plantent sur vous un regard scientifiquement froid sous le
rimmel en vous débitant un couplet pétéchique ou subdural.
Dans certaines séries, je me
demande comment les enquêteurs résistent au vertige quand elles se penchent,
bâtonnet d’exploration en main pour forer une mâchoire : d’un côté, le
mort, tête cireuse, poitrine en Y grec et rigor mortis, de l’autre un vertige
de décolleté – un Acapulco mammaire.
Après quoi, elles relèvent la
tête, graves, un verdict fulgurant d’intelligence médicale sur leur bouche
rouge pivoine qui semble prête à s’ouvrir dans un tout autre but.
L’inspecteur de service tient le
coup, mais pas moi. Pivoines,
Acapulco et pétéchies m’endorment.
Je me réveille, sans solution,
généralement dans une machine à laver, parce que c’est le moment de la
pub. Enquêteurs, cadavres,
légistes et assassin ont disparu.
Une femme rayonnante me brandit au nez la lessive miracle qui vient de
guérir le malaise profond de sa vie.
L’énigme reste entière.
Et Ruit Etc s’est actualisée for
today.

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