mardi 27 août 2013

LIGNES EN FUITE




j'ai lu sur Facebook un point de vue sur Israël plein d'amour, brûlant de sincérité et extrêmement étrange - qui, j'ai trouvé, flottait à l'ouest dans un ciel tout rose

alors -  comme je vis au bout de mes nerfs, et que j'ai des volcans de mots en explosion constante sous les tempes - il a fallu que je dise, que je ponde, que je pianote ma fièvre et mes panaches de flammes sur l'iPad

...que je me perde, encore et encore, le temps aux trousses, sur l'habituelle page de notes, qui s'ouvre comme un cahier sur l'écran, en jaune clair et en lignes calmes 

un cahier? un gouffre
 
bref 

j'ai laissé le ciel rose danser comme une boîte à musique - et je me suis, comme d'habitude, bouffé le cœur 

voilà ce que j'ai produit:



"aucun pays au monde ne vit sur un sol étroit comme une herbe, entre des foules qui hurlent à sa mort et des continents en séisme - snobbé par toute la planète, dont il est le coupable en titre 

(un israélien qui se lave les dents génocide son dentifrice)

aucun pays sur terre ne vit d'une manière aussi indéchiffrable, inouïe, indomptable

il n'y a pas un grain de sable en Israël qui ne dit pas: "le peuple juif est vivant"

Israël, pour moi, c'est une âme"




j'essaie tous les jours de m'entraîner à l'insupportable - de développer une sorte de fragile indifférence aux ronrons de mensonges, aux caquetages pompeux, aux platitudes sidérantes - qui, comme dans les films d'épouvante, moussent non stop sur les bouches officielles et délugent dans des millions de crânes 

mais j'ai dans les tripes, dans les veines un sens infernal de la vérité 

so

je note ce texte parce qu'il m'a échappé 

et que j'aime bien le génocide du dentifrice 









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