Dani photographie un drapeau israélien, fait de noms d'hommes et de femmes, qui porte la mention: "surtout ne pas nous désunir" - et qui cite même un ordre militaire: "restez unis"
autant dire: n'oubliez pas de respirer
pourtant, nous sommes les rois de la réflexion, de la détection, de l'inférence, de l'objection, de l'interprétation, du débat
même devant un menu, un juif est en exégèse
(et si le poisson...,peut-être que la salade? mais si je prends le riz - sachant que les légumes... mais, dans ce cas... ce qui nous amène au dessert et, par extension au café - 13 heures 30, est-ce que j'envisage...? non, la hâte retarde, c'est bien connu - to stress or not to stress?)
en ce qui me concerne, il m'arrive de demander de ses nouvelles à un moineau, de m'entretenir avec un reflet, d'interroger passionnément un passant invisible - ou d'être en profond désaccord, soudain, avec mon ombre - mais je ne suis pas une référence
en tout cas
discussions, arguments, houles, tempêtes et rêveries - avant, c'était autour du Livre, devenu le seul pays des juifs à travers l'exil
discussions, arguments, houles, tempêtes, tentes, cris et banderoles - maintenant, on peut se déchainer librement dans un pays retrouvé, tous les jours reconquis - à quel prix
mais ce pays est aussi spirituellement bouleversant, aussi sacré que le livre
alors, désunion?
depuis 5773 ans de lien imbrisable entre des exilés - qui portent dans leurs gènes un souvenir flou, désorienté de l'Eden
et 2000 ans de chagrin?
en Israël, comme dans le monde entier, un juif ne peut être en désunion réelle qu'avec les nuages
et encore - c'est temporaire
Dani photographie le ciel - un intime, pour nous
Il dit: "le temps a passé, nous sommes toujours un peuple, avec nos fous et nos sages..."
et avec cette étoile qui nous brûle le cœur d'un amour indéchiffrable - que nous mêmes, nous ne comprenons pas
peut-être que c'est un des mystères du peuple juif: venir d'ailleurs, reconnaître l'inconnu, penser dans le vertige

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