"tant qu'il y aura des cheveux"
c'était dans Lyon un peu excentré, au bord de la Saône, qui ressemble de loin au fleuve Limpopo de Kipling et où il manque des crocodiles - (et plus vert de gris, tu meurs)
j'étais en hibernation dans un bus, cernée de poussettes et de sac à dos, au milieu d'humains mornes et vagues dont le nez, les doigts et les oreilles se terminent par un portable
"tant qu'il y aura des cheveux" s'est imprimé sous mes tempes, créant des ondes concentriques dans mon esprit
je crois que j'ai un peu perdu pied mentalement
j'ai pensé à Burt Lancaster, à la vague mythique sur la plage qui roule Deborah Kerr dans ses bras, à Frank Sinatra rossé à mort - à Monty Clift en course, étranglant sa blessure de ses mains sous le ciel déchaîné de Pearl Harbour
je lève mon scotch à la santé de ce coiffeur que rien n'arrête, tant qu'il y aura des systèmes pileux sur la planète
et à l'émerveillement en général
tant qu'il y aura des hommes, je continuerai à béer devant le genre humain

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